Les Mariachis

L'histoire du Mexique a donné naissance à un folklore foisonnant et original. Les nombreuses fêtes civiles et religieuses qui jalonnent l'année s'accompagnent inévitablement de la musique des "Mariachis". Ce mot désigne la musique populaire, celle qui nous vient immédiatement à l'esprit et qui est devenue la musique nationale mexicaine.
Photo Erwan Corre
Pensez à "La Cucaracha" qui est mondialement connue. Mais on entend surtout les "corridos",ces chants qui exaltent la passion, le courage et la mort. Il s'agit en fait d'un curieux mélange de la musique enjouée espagnole et de la douce mélancolie indienne, qui fait la part belle aux sérénades, aux hymnes de la révolution et aux histoires de mauvais coups.
La "Banda" est généralement un quatuor composé d'un chanteur, d'une guitare, d'une violon et d'une trompette. C'est un plaisir pour les touristes car il sont toujours en costume traditionnel, dit du "Charro", qui symbolise l'élégance de l'homme fier et viril. C'est l'équivalent du cow-boy : un costume noir clouté d'argent, une lavallière et bien sûr le fameux sombrero.
En fait, il ne faut jamais dissocier Mariachis et Charro, car l'un et l'autre ont les même défauts : orgueilleux, bagarreurs, porté sur la boisson, menteur, parfois voleur... Bref, un "macho", difficilement fréquentable. Pourtant, même si on pense plus au fameux "Bandit mexicain" que l'on a vu dans les western, il faut savoir que c'est aussi le rebelle fier de son indépendance et attaché plus que tout à sa terre. Un homme libre. Ce n'est pas pour rien que la devise de la Révolution reprend ces deux thèmes : "Tierra y Libertad". Zapata lui-même était un de ces charros qui se révèlent de bons soldats de la révolution.
C'est toujours une ambiance de fête qui se dégage des chants et des danses. Les mariachis expriment bruyamment leur joie de vivre, parfois jusqu'au délire... La fête est l'exutoire à la souffrance quotidienne et la joie, la seconde nature des mexicains. Mais les Mariachis ne sont pas seulement là pour nous distraire. Ils jouent pour eux-mêmes, pour exalter leur appartenance à la communauté mexicaine, insouciante et rebelle. On chante aussi son amour pour la femme tant désirée. Le Mexicain est un sentimental et cette image naïve de l'amoureux chantant une romance sous les fenêtres de sa belle est en fait une coutume encore couramment pratiquée et qui marche toujours.

A Mexico, en vous promenant le soir dans les ruelles éloignées du zócalo, ne soyez pas surpris si soudain une voix de ténor déchire le silence : le "latin-lover" est en action.
La Mecque des mariachis est Guadalajara (Jalisco). Là, on les trouve un peu partout dans le centre de la ville, à Tapatia, près de la cathédrale ou à Tlaquepaque, le centre artisanal et touristique. Je vous conseille d'aller faire un tour, en début de soirée, à la Plaza de los Mariachis près de Tapatia. Mais on les retrouve maintenant partout au Mexique. A Mexico-city, je vous conseille d'aller flâner du coté de la place Garibaldi, surtout en fin de journée. L'endroit est mythique et pittoresque. Vous y verrez la plus grande concentration de mariachis du monde !
Photo Erwan Corre
Il y a là le "Tenampa", le bar mythique de l'âge d'or de la ville, à l'ambiance bruyante et enfumée, oú des fresques superbes rappellent à chacun la mémoire des grands noms.
| Source Texte Erwan Corre |
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