Histoire de l'Art Mexicain - José Guadalupe Posada - Diego Rivera - Frida Khalo - David Alfaro Siqueiros - José Clemente Orozco - Rufino Tamayo - Les Peintures Murales
Rufino Tamayo ( 1889-1991 )
Le peintre Rufino Tamayo est né en 1899 dans le sud du pays, à Oaxaca, et il est d'origine zapotèque. De son enfance, il gardera le souvenir des légendes indiennes et d'histoires fantastiques que l'on se transmet au Mexique de génération en génération. Sa famille s'installe à Mexico en 1907.

Médiocre élève, il s'intéresse cependant à la peinture et suit les cours du soir (1915-16).
Sa tante énervée de le voir sans griffonner le fait travailler comme vendeur de fruits mais il ne peut s'empêcher d'aller au Musée National de Mexico pour dessiner les trésors archéologiques qu'il renferme et particulièrement les oeuvres des précolombiens.
Elles le fascinent et il s'y intéressera toute sa vie.
Il parvient à s'inscrire à l'École Nationale des Arts Plastiques "San Carlos" de Mexico qui est l'école de peinture la plus réputée de son époque et où il côtoiera Frida Khalo (1917-18). Il devient professeur de peinture en 1926 et peut enfin exposer à Mexico. Il parvient aussi à exposer à New-York où son style trouve un écho favorable auprès du public et des critiques. Il ne cessera d'y retourner jusqu'à la fin de sa vie.
Son tableau "les Messagers du vent" (1928) rappelle encore son ami Diego Rivera et son réalisme qui le marquera durablement. Il expérimente aussi le cubisme sans y trouver ce qu'il cherche. Il tente de s'intégrer au mouvement muraliste qui n'a pas encore trouvé de reconnaissance officielle mais qui s'engage politiquement. Lui ne s'intéresse pas à la politique. Il sent qu'il est trop indépendant pour s'engager davantage à leurs côtés.
Même si ses toiles ont souvent été raillées par ses contemporains, et notamment par les muralistes qui les traitent de ridicules, on ne peut que constater la puissance de son oeuvre, qui dénote dans le paysage artistique mexicain. Siqueiros qui n'était pas toujours très délicat l'avait prévenu : "Notre voie est la seule". Il trouve cependant son public. Il réalise alors la fresque de l'Ecole Nationale de Musique à Mexico (1933), en droite ligne de ce que réalise Diego Rivera.
Les années 40 marquent un tournant décisif : il trouve son style et surtout sa thématique qui se démarque alors de celle des autres artistes plus politique comme David Alfaro Siqueiros et José Clemente Orozco (les muralistes et leur peinture "sociale et revendicative"). Il se détourne des préoccupations sociales et de l'actualité pour retrouver la dimension onirique et fantastique de l'art : ses références deviennent Picasso et Juan Miró, mais il puise aussi dans le vaste héritage précolombien, chargé de légendes et d'animaux mythologiques.
Dès les années 40, sa renommée devient internationale et il est exposé régulièrement à New-York, Paris, Buenos Aires, Houston, et même jusqu'à Tokyo. L'art mexicain et ses expériences réussies, reconnues à l'étranger, semble devenir mûr : il peut enfin se diversifier. Tamayo en est le meilleur exemple.
En 1974, un musée, situé dans une modeste maison du XVIII ème siècle, réunissant les oeuvres précolombiennes collectées par Tamayo lui-même et léguées à l'Etat régional, fut inauguré à Oaxaca, sa ville natale : le "Musée d'Art préhispanique" dit "Musée Tamayo". Ils regroupent une impressionnante collection d'oeuvres d'art et d'objets provenant de toutes les grandes civilisations précolombiennes que Tamayo lui-même avait collecté tout au long de sa vie et qui sont aujourd'hui magnifiquement présentés par le conservateur Fernando Gamboa. Mais vous n'y verrez pas beaucoup de ses propres oeuvres qui se trouvent aujourd'hui dispersées dans de nombreux musées internationaux. Il existe aussi un musée Rufino Tamayo à Mexico, dans le parc de Chapultepec.
L'endroit est toujours agréable. Le musée conçu en 1981 par Abraham Zabludowsky et Teodoro González de Léon regroupe les oeuvres léguées par Tamayo et sa femme Olga. On peut y voir de nombreuses oeuvres d'artistes sud américains contemporains dont Fernando Botero, Francisco Toledo, Robert Motherwell, ainsi que des Picasso et des Miró.
| Extraits texte Erwan Corre |
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