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Histoire de l'Art Mexicain - José Guadalupe Posada - Diego Rivera - Frida Khalo - David Alfaro Siqueiros - José Clemente Orozco - Rufino Tamayo - Les Peintures Murales



Les Peintures Murales

Il existe au Mexique un métier très estimé : c'est celui de peintre. Partout, on peut voir des peintures murales, que ce soit des publicités, des façades de magasins ou des fresques plus religieuses. C'est un métier plus qu'un art, car le peintre ne fait qu'exécuter une commande ou se contente de reproduire un dessin publicitaire ou un logo pour des boissons populaires comme Coca-Cola ou Corona. On ne s'en rend pas compte au premier d'oeil mais il s'agit bien de peintures. Ici, le papier coûte cher et les pluies torrentielles du printemps les détruiraient rapidement. Le plus simple et le moins cher, c'est de peindre directement sur les murs... Ces fresques murales sont l'un des éléments les plus typiques du patrimoine mexicain.

L'art populaire mexicain s'exprime donc d'abord sur les murs. Ce sont ces fresques que l'on ne manque pas de voir dans toutes les villes du pays. On ne les trouve jamais au hasard et on est toujours surpris de tomber sur elles là où on ne s'y attend pas. Les thèmes religieux sont les plus fréquents. Ils offrent une large palette de thèmes qui accrochent immédiatement le regard. Ce sont toujours des peintures figuratives, narratives, intemporelles qui utilisent l'allégorie.


" La mère et l'enfant "
que l'on peut traduire comme une "Vierge à l'Enfant", douce et triste, rappelle à chacun ses devoirs maternels et religieux. On rencontre souvent un Christ au regard profond ou à l'attitude dramatique. Ces oeuvres sont souvent de la même facture, stéréotypées, mais le peintre s'offre quelques libertés pour faire apparaître son style et son talent. Ce sont parfois de gigantesques fresques qui s'étalent sur plusieurs dizaines de mètres mettant en scène les légendes bibliques ou la geste des héros de la Révolution de 1910. L'artiste prend soin d'apposer dans le bas son nom et ses coordonnées. C'est sa meilleure publicité.
                                                                          Photo Erwan Corre

Le thème du "peón", du paysan astreint à son dur labeur, est récurrent comme dans cette ruelle d'Ixtlán. Ici, on peut voir que le style est plus "moderne" et l'on s'approche d'un certain symbolisme qui n'a rien de religieux. Le mur défraîchi accentue la gravité de la scène. C'est une manière de contrebalancer l'importance des peintures religieuses : le gouvernement est laïque. La fresque est un moyen simple et puissant pour faire passer des messages et des symboles. Ici, on exalte les forces vives des travailleurs qui luttent contre une nature hostile, rebelle à tout apprivoisement.
                      Photo Erwan Corre
La réforme agraire est toujours en marche. Bref, tous ces thèmes qui sont les enjeux principaux de la Révolution Nationale.

Cette forme d'art particulière au Mexique a trouvé ses lettres de noblesse dans les années 20, après les remous de la Révolution de 1910. On peut parler d'une véritable "Renaissance" de l'art mexicain. Tout commence à l'Ecole Nationale Préparatoire de Mexico (1921-25) avec Diego Rivera, David Alfaro Siqueiros et José Clément Orozco. On parle alors du "Mouvement Muraliste" ou "Fresquiste". L'idée vient de loin puisqu'il s'agit de "Récupérer les murs pour s'exprimer" et de contourner ainsi la censure officielle, longtemps en vigueur ici.
L'art se met au service des revendications sociales. Ce mouvement pictural finira par devenir l'expression même de l'esprit et de la culture mexicaine.


 
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