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Histoire de l'Art Mexicain - José Guadalupe Posada - Diego Rivera - Frida Khalo - David Alfaro Siqueiros - José Clemente Orozco - Rufino Tamayo - Les Peintures Murales



José Guadalupe Posada ( 1852 - 1913 )

José Guadalupe Posada naît en Aguascalientes, dans le nord du pays, le 2 février de 1852. C'est un jour de fête au Mexique, "el Día de la Candelaria" (la Chandeleur), qui est ici aussi importante que la "Fête des Morts" en novembre. C'est sûrement un signe dans le destin de Posada. Le pays est exsangue et profondément coupé en deux depuis la séparation de l'Eglise et de l'Etat imposée par Hidalgo. Posada se révèle dès son plus jeune âge un dessinateur très doué. Ses dessins et ses gravures trouveront d'ailleurs plus de force par l'utilisation d'une technique de gravure encore peu utilisée au Mexique à cette époque : la lithographie.
Mais son style très libre se heurtera rapidement à la susceptibilité de quelques uns. A dix-neuf ans, les premières caricatures qu'il publie dans le journal local "El Jicote" sont vite repérées et aussitôt censurées : il doit fuir. Mais cet épisode lui permet de venir à Mexico où il finit par travailler pour les grands journaux d'opposition au Gouvernement de Porfirio Diaz qui tourne peu à peu à la dictature.


Ses caricatures, des riches et des puissants de son temps, et sa signature deviennent inséparables des "El Argos", "La Patria", "Fray Gerundio", "El Fandango", "El Ahuízote",... journaux d'ailleurs qui finissent tous par devenir clandestins. Posada devient une cible pour les conservateurs. Il vit dorénavant en fuite permanente. Ses rencontres inspirent son style et ses thèmes qui restent "populaires" : il ne dessine pas, il dénonce... Ses nombreux "voyages" le conduisent à León de los Aldamas, près de Guanajuato, où il fait la rencontre de José Trinidad Pedroza, un lithographe dont il finit par devenir l'ami au point que celui-ci lui cède son atelier de lithographie en 1876. En quasi-retraite, il pourra perfectionner son art.


C'était avant tout un dessinateur qui n'a pas eu droit de son vivant à la reconnaissance qu'il méritait de la part du milieu artistique : pas assez académique... Il a dessiné aussi bien des publicités, des affiches de spectacles, des illustrations pour les journaux, mais aussi des choses plus personnelles.
Son ouvre mêle ainsi bien les histoires vraies, les "faits divers", que les histoires fantastiques et légendaires que l'on se raconte au Mexique. Si les artistes officiels n'ont pas reconnu en lui l'un des leurs c'est parce que ses dessins, que l'on peut trouver de mauvais goût, ne faisait finalement que reproduire la réalité de la vie mexicaine (c'est l'époque du règne du dictateur Porfirio Díaz).



En 1884, il peut s'installer à Mexico avec sa compagne María de Jesús Vela (qu'il a épousé en 1875), rue Santa Teresa (aujourd'hui Guatemala) puis au 5 de la rue Santa Inés (aujourd'hui rue de la Moneda). Il s'associe à l'un des éditeurs très en vue à Mexico, Antonio Venegas Arroyo, qui publie de nombreux almanachs (genre très apprécié à cette époque), mais aussi des recueils de poésie et des écrivains : ces parutions demandent une abondante quantité d'illustrations. Posada en obtient la responsabilité et il aura "carte blanche".

Ces dessins en couverture sont le meilleur argument de vente de son employeur et ce sont eux qui feront sa renommée. C'est à cette époque qu'apparaissent les premiers "calaveras", les squelettes dont Posada fera les personnages principaux de nombreuses gravures. Ces "calaveras" qui dansent, qui se battent, qui vivent sous nos yeux, ce ne sont pas seulement des représentations des pauvres, de la misère, de l'injustice : c'est le peuple mexicain tout entier. Et ces centaines de dessins de couverture seront autant de critiques de la société mexicaine qui seront finalement le seul but de son travail.

Après une vie mouvementée, Posada meurt en 1913 d'une gastro-entérite aiguë sans laisser de descendance : il a eu un fils naturel mais il est mort en bas-âge. Paradoxalement, cet homme qui célébra maintes fois la mort et qui devint célèbre grâce à ses squelettes tout à la fois anonymes et universels, fut mis en terre dans une fosse commune. Il restera un modèle pour ses successeurs et notamment pour tous ceux qui, comme Diego Rivera ou Siqueiros, ont été intéressé par le Surréalisme. Il est même aujourd'hui considéré par beaucoup comme le précurseur de la peinture moderne mexicaine. Aujourd'hui encore, ses dessins restent l'un des héritages culturels les plus importants de la nation mexicaine, et il n'est pas rare de voir ses oeuvres réutilisées pour des publicités et des couvertures de magazines.

Source Texte Erwan Corre
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