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Histoire de l'Art Mexicain - José Guadalupe Posada - Diego Rivera - Frida Khalo - David Alfaro Siqueiros - José Clemente Orozco - Rufino Tamayo - Les Peintures Murales


Frida Khalo ( 1907-1954 )


Magdalena Carmen Frieda Kahlo Calderón naît le 6 juillet 1907 de Mathilde Calderón, qui est d'origine indienne, et de Wilhelm Kahlo, un photographe d'origine allemande. Ils vivent dans le quartier populaire de Coyoacán au sud de Mexico. Son père est un immigrant européen. C'est une métisse. Il faut connaître sa vie pour comprendre son oeuvre. Elle entre à l'Ecole Nationale Préparatoire en 1922, elle est jeune, belle, et se sait plein de talent. Comme beaucoup d'autres étudiants de sa génération, elle s'intéresse aussi à la politique. Ce qui pose problème chez les intellectuels de cette époque, c'est de savoir comment réveiller la "mexicanité", cette identité nationale dont le gouvernement issu de la Révolution de 1917 a besoin pour assurer la cohésion de son peuple. La liberté étant acquise, on peut enfin s'en servir...

Elle a 18 ans. Le drame se produit le 17 septembre 1925 : le bus qui la ramène de son école sort de la route. L'accident est terrible et elle est profondément blessée au ventre, au pied droit... C'est son dos qui est le plus touché. Sa force mentale lui permettra de surmonter la mort. Elle doit rester aliter pendant plusieurs mois et il y aura des séquelles. Les douleurs dans sa colonne vertébrale ne la quitteront plus. Les médecins lui disent aussi qu'elle ne pourra pas avoir d'enfant.  La vie l'avait déjà accablée : dans son enfance elle fut atteinte de la polio, maladie qui infecte la colonne vertébrale, et cette maladie lui laissera la jambe droite déformée (elle en gardera le surnom de "Frida l'estropiée" ).

Elle dont la beauté ne demandait qu'à s'épanouir devra lutter jusqu'à la fin contre elle-même. Comme dans son enfance, c'est surtout son père qui pris soin d'elle. Elle le décrit comme "intelligent, poli et d'un caractère généreux". Elle demeurera toujours près de lui. Les sentiments pour sa mère resteront ambivalents : à la fois charmante et cruelle... Mais cette période de convalescence lui permet de se mettre sérieusement à la peinture. En toute liberté. Selon ses propres mots, elle tentera de peindre les choses telles qu'elle peut les voir. C'est son père qui l'aura initié à la peinture. Lui-même peint et photographie, en particulier des vues de son quartier de Coyoacán. Elle s'initie au portrait, à la nature morte, mais c'est sur elle-même qu'elle va focaliser son travail en réalisant un grand nombre d'autoportraits, souvent accompagnée de ses animaux favoris ou réglant ses comptes à distance avec Diego « Les Cheveux coupés », « Les Deux Frida ». Ce travail sera pour elle un moyen essentiel de supporter sa vie.

Son réalisme n'est pas seulement artistique : en 1928, elle s'inscrit au Parti Communiste Mexicain. La vie politique mexicaine est encore trouble et instable. Elle défend aussi l'émancipation des femmes mexicaines : "cette masse silencieuse et soumise" dont la place reste encore marginale dans cette société qui demeure très machiste. Pire, elle affiche ouvertement sa liberté de femme moderne et même sa bisexualité. Pendant un débat politique (ou pendant une fête chez Tina Modotti, selon une autre version), elle rencontre Diego Rivera : c'est le coup de foudre. Diego Rivera, qui a vingt ans de plus qu'elle, est déjà un artiste reconnu, il a travaillé pour le gouvernement et sa peinture sert son dessein. Malgré ses souffrances, Frida Kahlo réalise qu'elle est capable de passion. Le 21 août de l'année suivante, ils se marient à Mexico. Ils s'installent ensemble à Mexico où Diego se fait construire, en 1931, un atelier par son ami architecte Juan O'Gorman (Cette demeure est devenue le Musée Estudio Diego Rivera ). Mais ils finissent par s'installer à Coyocán, le quartier des intellectuels et des artistes de la capitale. "La maison bleue", où Frida Kahlo vécut de 1929 jusqu'à la fin de sa vie, existe toujours (c'est devenu un musée que l'on peut visiter ; l'endroit est tel que Frida l'avait aménagé, avec de nombreuses peintures, photos, lettres,... ).

En 1934, Frida découvre que Diego la trompe avec sa propre soeur... Elle peint un an plus tard "Quelques Piqûres" ( "Unos Cuantos Piquetitos" ), réponse caustique à cette sordide histoire.

En 1937, elle peint un autoportrait « Sous les Rideaux » où elle tient une lettre : elle y a écrit une dédicace destinée à Léon Trotski, le célèbre révolutionnaire russe qui s'est vu accorder, grâce à Diego Rivera, l'asile politique à Mexico et qui est hébergé chez Frida à Coyoacán. Ils ont eu une brève liaison que l'on dit passionnée. Elle lui présentera le tableau, où elle se présente sous son meilleur jour, le 7 novembre 1937, date anniversaire de Trotski, et de celui de la Révolution russe... "Pour Léon Trotski, je dédicace cette peinture avec tout mon amour..." . Trotski sera assassiné deux ans plus tard

En 1938, Frida Kahlo réalise sa première exposition officielle à New York, à la "Julien Levy Gallery". Elle peut enfin montrer au monde son talent et son style si particulier. Surtout, elle réussit enfin à exorciser sa souffrance, qui apparaît comme l'un des thème principaux de ses oeuvres.

La vie du couple est de plus en plus mouvementée et en 1939, c'est le divorce. Pourtant, leur amour est plus fort que tout : ils se remarieront le 8 décembre 1940. Le temps passant, sa santé se dégrade. En 1950, elle subit sept opérations chirurgicales consécutives ! Cette fois, la convalescence dure neuf mois mais elle manque de devenir folle. Elle retourne chez elle en chaise roulante. Malgré sa lente déchéance, elle continue de peindre et de militer mais épuisée elle s'éteint le 13 juillet 1954 dans sa maison de Coyoacán. Pour tous, elle restera "L'incarnation de toute la magnificence nationale".

Vie de souffrance qui saute aux yeux lorsque l'on regarde ses peintures. Elle aura ainsi réalisé plus de 70 autoportraits (seul Rembrandt aura été plus prolifique), traités de toutes les manières possibles. Elle aura été en quelque sorte le propre sujet de son oeuvre.

Source Texte Erwan Corre
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