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Histoire de l'Art Mexicain - José Guadalupe Posada - Diego Rivera - Frida Khalo - David Alfaro Siqueiros - José Clemente Orozco - Rufino Tamayo - Les Peintures Murales



Diego Rivera (1886-1957)

Diego Rivera Barrientos (et son frère jumeau José Carlos María qui mourra deux ans plus tard) naît le 13 décembre 1886, à Guanajuato. Sa famille s'installe à Mexico en 1892. Dès son plus jeune âge, il se révèle très doué pour le dessin.
A 13 ans, son père l'oblige à intégrer le Collège Militaire mais il n'y reste que deux semaines, écouré par la discipline martiale : il décide finalement de faire ses études supérieures à l'École Nationale des Arts Plastiques "San Carlos" de Mexico où il se fait déjà remarquer par son talent, de ses professeurs Santiago Rabull et Felix Parra.


Il voue aussi une grande admiration pour José Maria Velasco, un célèbre peintre mexicain connu pour ses paysages et qui est aussi l'un des ses professeurs à San Carlos.
Malgré la qualité de son enseignement, il se sent vite à l'étroit dans cette institution "académique". A 16 ans, il la quitte. Il s'intéresse à la politique et déclare sans arrêt que "Dieu n'existe pas". Ses premières peintures, qui d'ailleurs restent assez "académiques", sont des paysages où l'on retrouve le style Velasco : « La Castaneda » et « L'Ere » (1904).

En 1904, il obtient avec le soutien de Justo Sierra une bourse du Secrétariat de l'Instruction Publique pour poursuivre ses études et achever sa formation en Europe. Comme pour beaucoup d'intellectuels et d'artistes de ce début de siècle, il est impératif d'avoir fait ce voyage en Europe, soit pour parfaire son éducation ou sa formation, mais surtout pour y devenir un "homme du monde", le brevet moral qui sied à l'aristocratie mexicaine. Pour lui, cette bourse est inespérée. En fait, grâce à elle, il pourra passer près de 15 ans en Europe. Mais Diego est du genre plutôt turbulent, il retrouvera là-bas la sensation de la vraie liberté. En Italie, il découvre Giotto, c'est le précurseur de la Renaissance italienne.
Ses fresques et ses peintures murales semblent marquer profondément Diego Rivera. Ce voyage en Italie marque un tournant dans sa formation car il y puisera la manière de réaliser ses fresques murales qui feront sa renommée.

En 1907, il visite l'Espagne, séjournant à Ávila où il se laisse inspirer par la campagne castillane. A Madrid, muni d'une lettre d'introduction de Gerardo Murillo, Dr Atl, il se rend chez le célèbre modiste Eduardo Chicharro qui le prend un temps dans son atelier comme étudiant. Il étudiera là les spécialités espagnoles. Il se lie d'amitié au peintre en vogue María Gutiérrez. Mais le cour de renouveau artistique se situe à Paris. Il passe par la Belgique et y passe l'hiver 1909. Il rencontre à Bruges la belle Angélina Beloff, une jeune artiste russe, une femme au fort caractère, blonde platine comme les rêvent les mexicains. Ils s'installent ensemble à Paris en novembre 1909.
Là, il fait la connaissance des figures de Montmartre et de Saint-Germain-des-Prés. Il adhère à la "Société des Artistes Indépendants", ce qui lui permet d'exposer son travail (qui ne fait que poursuivre le mouvement en vogue : portraits cubistes, paysages impressionnistes... Un peu plus tard, il commence à fréquenter le "Cercle des Cubistes" dans le Montparnasse du début des années folles. Rapidement, il se sent proche d'eux.
Sa peinture s'apparente alors à celle de Miró, de Picasso et surtout de Juan Grís. Il pense cependant à la révolution qui secoue son pays dans des peintures comme "Paysage Zapatiste".

Mais il continue à peindre aussi des portraits d'un style plus classique, « à la Ingres  ». Ainsi toute sa vie, il variera de styles avec aisance mais il peindra toujours les mêmes thèmes comme ces nombreuses scènes de campagne qu'il aime particulièrement. Il s'intéresse de près à la Révolution qui déchire son pays, s'engage pour les révolutionnaires et va servir leur cause dans des fresques, au style déjà inimitable, telle que, «  La Révolution Agraire  », où il nous montre un Zapata conquérant, tout en grandeur, et déjà idéalisé...
Il rentre au Mexique en 1921. Il délaisse alors l'Avant-garde abstraite en vogue à Paris pour se consacrer à son propre pays.
Il peint aussi beaucoup de scènes où abondent les fleurs, thème important chez les Aztèques. Les indiens, qui forment une large part de la population, offrent aussi des visages et des thèmes qu'il traite souvent d'une manière apparemment "naïve", aux formes rondes et généreuses, mais ces scènes représentent toujours pour lui des symboles essentiels de son pays.


Enthousiasmé par l'expérience soviétique qui représente un immense espoir pour beaucoup de jeunes intellectuels de sa génération, il se rend en Union Soviétique en 1927-28 (il y retournera en 1950). En 1929, au cours d'un débat politique, il rencontre une jeune étudiante dont la beauté le sidère : une certaine Frida Khalo.

C 'est le coup de foudre. Diego Rivera, qui a vingt ans de plus qu'elle, est déjà un artiste reconnu. Sa peinture sert son dessein, il a travaillé pour le gouvernement qui à besoin d'artistes pour l'aider à la propagation des idées révolutionnaires au sein de la population et qui, largement illettrée, comprend mieux les images que les discours.


Dès 1931, sa réputation a franchi la frontière et il devient le deuxième artiste - après Matisse - à faire l'objet d'une rétrospective au Museum of Modern Art de New York. Il réalise « L'Homme au Croisement » pour le compte du célèbre milliardaire Rockfeller qui vient d'y édifier son célèbre centre d'affaire (1932-33). Cependant, la fresque soulève tant de critiques, notamment parce qu'on y voit "Lénine", Marx et d'autres "extrêmistes", qu'elle est rapidement retirée sur l'ordre de son commanditaire (on peut même dire "détruite").

Avec l'américain Ben Shahn, il réalise une fresque très étonnante en l'honneur des travailleurs américains. On le voit passer d'un répertoire ornemental et stylistique très emprunté aux précolombiens à un style plus réaliste et plus vigoureux qui vise plus à frapper le public qu'à le séduire. Le but social de sa peinture apparaissant d'une manière de plus en plus évidente. Il faut aider le peuple à se forger un idéal qui lui permette de surmonter ses malheurs immédiats.

1940 est l'année de la grande exposition "XX siècles d'Art Mexicain" organisée au Musée d'Art Moderne. Cette inauguration fastueuse est assurée par les grandes célébrités de l'époque (dont Greta Garbo) et rapidement l'exposition rencontre un large succès national et international.

En 1950, il retourne en URSS où il peut organiser une exposition à la gloire du communisme qui pourtant n'a visiblement pas rempli ses promesses. A Moscou, son exposition est un triomphe. Mais se rend-il compte qu'il est manipulé alors qu'il sert la propagande officielle ? Comme le dira l'historien Isaac Deutscher : après l'assassinat de Trotsky en 1940, il est "retourné dans le giron stalinien". En 1954, il fera sa demande de réintégration au Parti, demande qui sera acceptée.


En juillet 1956, il se marie (une nouvelle fois !) avec Emma Hurtado. C'est une belle femme, elle s'occupait de ses intérêts et des ses tableaux, maintenant elle s'occupera aussi de lui.

Il n'est pas en grande forme mais il part en voyage de noce à Moscou. Invité par l'Académie des Beaux-arts, il reçoit un accueil triomphal et assiste enthousiaste au défilé du 1er Mai commémorant les 50 ans de la Révolution d'Octobre ( "Défilé du 1er mai pour l'anniversaire de la Révolution russe" ).
En fait, c'est un cancer qui le ronge, il est là pour subir un traitement au cobalt que l'on dit révolutionnaire.


Il meurt le 24 novembre 1957 d'une attaque cardiaque dans son studio de San Angel à Mexico et le deuil national est proclamé. L'émotion est grande à travers le pays où il représentait à lui tout seul tous ses concitoyens. En fait, il incarnait à sa manière la "mexicanité" tant recherchée, tant proclamée. Le Mexique perdait un homme capable d'incarner à lui tout seul sa modernité.

Extrait Texte Erwan Corre / Photos et plus d'infos : www.diegorivera.com
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